Selon les indications en notre possession, à savoir le recensement réalisé par Sabine Drexler en 2012 et les enquêtes auprès des communes du Comité d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale conservées par les Archives d’Alsace, site de Colmar, deux familles de quatre personnes, celles de PFEFFER François–Joseph Xavier (1881) et de WEINMANN Joseph François (1906) ont subi la Umsiedlung, càd. la transplantation dans le Grand Reich allemand, sans doute en février-mars 1943, avec un minimum de bagages et la confiscation des biens meubles et immeubles. Ces familles ont été libérées au moment de l’avancée des armées alliées (mars-mai 1945) et sont revenues dans leur pays entre avril et juillet-août 1945.
Au cours des deux premières années de l’annexion,
l’administration civile allemande (Zivilverwaltung) se rend vite compte
que la grande partie des habitants de l’Alsace sont loin d’adhérer aux principes
nazis imposés à la vie de la communauté du peuple allemand. Les uns se rebiffent
silencieusement dans leur vie quotidienne, refusent d’adhérer à des
organisations nazies ou, s’ils le font, n’y adhèrent que pour la forme et ainsi
de suite. D’autres montent des filières d’évasions, mettent en place des actions
de résistance passive. Des jeunes refusent le service du travail obligatoire (Reicharbeitsdienst)
et préfèrent à leurs risques et périls « s’évader » hors d’une région soumise à
la dictature que de subir l’embrigadement nazi. L’incorporation de force dans
l’armée allemande, décrétée le 25 août 1942, amplifie les évasions au cours des
deux années suivantes.
L’administration allemande a conscience de la montée
silencieuse du mécontentement. Mais le temps des expulsions est fini. Les
autorités du Reich regrettent d’avoir laissé partir en 1940 des Alsaciens et des
Lorrains, dont les qualités allaient renforcer et nourrir le peuple français.
C’en est fini des expulsions vers la France d’Alsaciens qui pourraient «
contribuer par leurs aptitudes raciales à l’émergence d’une nouvelle classe
dirigeante dans ce pays ». Exprimée en langue nazie, l’opération consistait à
redonner à la souche allemande « chaque goutte du précieux sang allemand ‘ » (jeder
Tropfen deutschen Blutes) et éviter qu’elle ne se perde au profit des
populations ni germaniques ni aryennes.
La nouvelle mesure punitive est la transplantation (Umsiedlung)
en terre allemande. C’est à la fois une mesure punitive d’éloignement du
territoire natal et d’insertion forcée dans l’Allemagne profonde, qu’une mesure
de rééducation qui pourrait être suivie, en cas de réussite, par le retour en
Alsace. Mais la mesure s’apparente aussi à l’échange de populations et à
l’arrivée en Alsace de colons (Siedler) allemands.
La transplantation est une déportation de fait, et applique
le principe de la responsabilité du clan, la Sippenhaft. Elle touche
principalement les familles et plus précisément la cellule familiale formée des
parents, des enfants, voire des ascendants vivant sous le même toit et formant
le même foyer. La déportation dans l’Altreich sanctionne l’approbation
implicite ou explicite à l’insoumission de réfractaires.
Familles concernées :
LOGELBACH Nom prénom - Naissance - Adresse |
WINTZENHEIM (nom, prénom, naissance, adresse) |
01. BRUDER Jean-Paul, 29.06.1935 Wintzenheim - Rue Herzog |
01. WEINMANN François, 1906 - 4 rue de la Porte Haute |
AMW 3H5(1) - H51/07 | AMW 3H5(1) - H51/07 |
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