WINTZENHEIM 39-45

Transplantés : l'exemple de la famille Xavier Pfeffer

Xavier PFEFFER : famille transplantée en Allemagne

Désertion de Xavier Pfeffer fils

Profession : Viticulteur – Domicile : Wintzenheim – Né le 8 janvier 1922 à Wintzenheim (Haut-Rhin) - Décédé le 2 juillet 2006 à Colmar.
Incorporé de force dans la Wehrmacht le 14 octobre 1942, il s’évade le 20 juillet 1943 à Kernouës (Finistère) en compagnie de René Koch. Le 28 juillet 1943, à Bordeaux, l’armée allemande le reprend, l’interne à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), et le fait comparaître en octobre 1943 devant le tribunal de guerre allemand à Mont-de-Marsan (Landes) qui le condamne à une peine de six années de réclusion. Le 24 février 1944 il est déporté à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), transféré à Anklam (Allemagne), admis le 3 mai à l’hôpital militaire de Bernau près de Berlin dont il s’enfuit fin novembre. Arrêté une seconde fois le 1er décembre 1944, transféré le 4 à Linz (Autriche) puis à Torgau (Allemagne), il est libéré le 15 janvier 1945 par l’arrivée des Alliés. Les Anglo-Saxons finissent généralement par reconnaître la particularité des incorporés de force alsaciens et mosellans, même si cela n’a pas toujours été évident.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les centres de détention d’Anklam et de Torgau ont été « au centre du système judiciaire et pénitentiaire de la Wehrmacht » et infligeaient aux réfractaires les conditions d’incarcération et de travail dans l’industrie aéronautique les plus dures. Xavier en a gardé des difficultés de motricité dues sans doute à des fractures répétées et des traces de brûlures qui lui ont valu son hospitalisation à Bernau. La France lui a décerné la Croix de guerre avec palme (JO du 15.12.1983) et retenu comme motifs sa déportation en Allemagne pour son action dans la Résistance, et son invalidité à la suite des privations et des préjudices subis. Le Ministère de la Défense lui a accordé la Croix de Combattant volontaire de la Résistance, Guerre 39-45, par la décision 3073 du 30 décembre 1985.

Schirmeck, Breslau

Xavier Pfeffer père, petit propriétaire d’une polyculture à Wintzenheim et de quelques vignes, et son épouse Anna Pfeffer, âgés au moment des faits respectivement de 62 et de 54 ans, sont brutalement interpellés sur leur exploitation, au 12 rue Oberlinden, le 28 octobre 1943. Ils sont internés pendant trois jours au terrible camp de rééducation politique de Schirmeck-La Broque, avant d’être acheminés à Breslau. Le prétexte est la désertion de leur fils François Xavier, né en 1922 [1], l’un de ces Alsaciens incorporés dans l’armée allemande, contre leur gré, contre le droit des peuples et au mépris de leur nationalité française après la parution de l’ordonnance du 25 août 1942 du gauleiter Wagner [2]. Leur fils s’est enfui de son unité mais a été est repris. Il sera condamné en octobre 1943 à six ans de réclusion et déporté lui aussi en Allemagne.
En internant puis en transplantant la famille Pfeffer outre-Rhin, la Zivilverwaltung punit la famille selon le principe de la Sippenhaft, jugeant les parents responsables du geste antiallemand de leur fils. L’interdiction de séjour en Alsace avec transplantation en Allemagne (Umsiedlung) est une mesure punitive. Leurs deux filles mineures, Anne-Marie Caroline, 17 ans et Marie-Jacqueline, 15 ans, les accompagnent dans la déportation. Depuis l’été 1940, elles ont dû abandonner leurs prénoms français et s’appellent à présent Anna et Maria. Leur fille aînée, Madeleine, est mariée et échappe à la déportation.
Le 1er novembre 1943, la famille arrive au camp de Breslau. Breslau est l’actuelle ville polonaise de Wroclaw. Les filles travaillent dans des familles allemandes comme aides familiales. Avec une petite colonie d’Alsaciens expatriés, dont Anna envoie la photo à sa famille, tous les quatre sont hébergés dans le bâtiment réquisitionné d’un ancien home de jeunes filles juives. Sur la photo de groupe prise au Nouvel-An 1944, une pancarte manifeste l’ardent désir des Alsaciens de retrouver leur pays. Notre home, écrit Anna, est une caserne très délabrée où rien ne fonctionne plus. Les conditions sanitaires sont très mauvaises. Les maladies sévissent, un petit garçon alsacien souffre d’une otite mais les médicaments manquent. Anna a donné à sa mère un pot de miel que sa famille alsacienne lui avait envoyé. Le miel a un effet antiseptique.
Anna entretient une correspondance régulière avec ses proches. Xavier et sa femme se font beaucoup de soucis pour leurs vignes et pour leur Traminer, mais savent que Madeleine s’en occupe autant qu’elle le peut. Ils quittent Breslau et leur « caserne » sans regret.

Klotzhof à Schechingen

En avril 1944, ils sont placés au service d’un exploitant agricole, Franz Fischer, sur le domaine du Klotzhof au-dessus de la petite ville de Schechingen, près de Schwäbisch-Gmünd, à une demi-heure de l’église et donc du centre de la commune. Le père travaille chez Fischer comme ouvrier agricole. Employées de maison, Anna et ses filles s’occupent aussi de la ferme. Le livret de travail décrit succinctement leurs tâches : traire les vaches, sarcler et/ ou hacher les betteraves, rentrer la récolte. Le livret d’Anne-Marie Caroline dit qu’elle parle le français. Questionnées sur leur situation par la famille en Alsace, Anna et ses proches disent avoir retrouvé leur part d’humanité (« Wir leben wieder als Menschen ») : le travail leur plait, ils peuvent aller à l’église le dimanche des Rameaux, perçoivent un salaire, mangent à leur faim et sont logés dans la maison voisine de la ferme principale.
La famille Pfeffer y séjourne et y travaille durant un an, du 2 avril 1944 au 4 mai 1945. Comme Anna Pfeffer a soigneusement conservé tous les documents relatifs à la déportation de la famille (livrets de travail, photos de groupe, visas de passage, cartes de rapatriés...), il est facile de suivre le trajet de retour qui commence le 4 mai et fait partir les Pfeffer de Schwäbisch-Gmünd en passant par Mannheim le 7, Spire le 9 et Landau. L’armistice va être signé le 8 mai, la route du retour des réfugiés français traverse déjà des territoires de la future zone d’occupation française, sans doute dans des camions américains de l’armée française. À chaque étape, c’est l’armée française qui signe les attestations de passage, en anglais ou en français. Des camions les transportent jusqu’à Sarrebourg, où les Pfeffer effectuent les formalités officielles du rapatriement. Ils arrivent à Strasbourg le 13 mai, obtiennent des titres de transport ferroviaire. Le 15, ils sont de retour à Wintzenheim et le Nouveau Rhin français leur y souhaite la bienvenue dans son édition du 16 mai 1945.

Retour en Alsace

Au Centre de démobilisation – le Centre accueille beaucoup de prisonniers de guerre, des réfugiés, des déportés – les quatre rapatriés bénéficient d’une visite médicale approfondie, prélude à des suivis dentaires et médicaux ultérieurs. Ils perçoivent des aides immédiates de 1.000 F par personne. L’antenne départementale haut-rhinoise du Ministère des Déportés, Prisonniers et Réfugiés (MDPR) leur remet, à Colmar la prime de déportés (5.000 F par personne).
Ils ont accès au change préférentiel (1 RM [3] = 20F), qui est la contrepartie du change allemand de 1940 (1 F = 20 RM). Surchargées de cachets et d’inscriptions manuelles, les cartes ne sont pas totalement déchiffrables, mais on y relève que Xavier change 117 RM contre 1.800 F et 100 RM contre 2.000 F, à des dates différentes. En 1946, Anna bénéficie d’un arrêté du 18 août 1946 et obtient 13.900 F contre un dépôt de 900 RM. Les parents ont pris soin de rapporter l’argent acquis par les salaires de leur travail au Klotzhof et étalent les changes en fonction de leurs besoins.
La carte de rapatriement leur donne aussi accès à un vestiaire à leur arrivée à Colmar ou les jours d’après (les cartes n’indiquent pas la date des différentes opérations). La composition des acquisitions souligne la misère. Certes, à Schechingen, la mère a déjà pu acheter des chaussures à ses filles. Mais au vestiaire des rapatriés, on dote chacune des femmes d’un manteau, d’une robe, d’un pull, de chaussures et de linge. Xavier reçoit un pardessus, une veste, un pull, un gilet à manches et des chaussures. Ce ne sont pas des habits neufs, et les quatre Pfeffer arrivent à Wintzenheim habillés comme de pauvres diables, mais en 1945, rares sont les Alsaciens habillés de neuf. La pénurie est le lot commun.

Carte de Patriote

En 1960, Anne-Marie dépose un dossier en vue de l’obtention de la carte de « Patriote résistant à l’occupation des départements du Rhin et de la Moselle dans des camps spéciaux ». Elle répond ainsi aux dispositions ouvertes pour la réparation des préjudices subis, par le décret n° 54-1304 du 27.1.1954 portant statut de Patriote résistant à l’occupation (PRO) des départements du Rhin et de la Moselle (Voir : Légifrance.gouv.fr & J.O. Sénat du 2.06.1988, p. 708). L’Office national des Anciens Combattants et des Victimes de guerre la lui remet le 4 juillet 1960. Elle a alors 34 ans. La carte est intéressante pour plusieurs raisons. La qualification officielle de « patriote ayant résisté à l’occupation et réfractaire à l’annexion de fait » donne droit aux attributaires à une indemnité forfaitaire de 15.000 F et augmente leurs droits à pensions.
La formulation « occupation des départements du Rhin et de la Moselle » signifie que la France n’assume pas encore en 1954 toute la réalité de l’annexion et maintient le mythe d’une égalité de traitement de tous les départements français.
La France souhaitait trouver des réparations pour ses déportés et pour les personnes soumises au travail forcé durant la guerre, mais sous la pression des Etats-Unis, les Alliés limitent les réparations aux Allemands victimes de persécutions (Constantin Goschler, Wiedergutmachung. Westdeutschland und die Verfolgten des Nationalsozialismus (1945-1954) R. Oldenbourg Verlag München 1992). La France se résout en définitive à traiter les réparations sur ses moyens propres par le décret de 1954.

[1] PFEFFER François Xavier fils. Né le 08/01/1922 à Wintzenheim, Haut-Rhin. Décèdé le 02/07/2006 à Colmar, Haut-Rhin.
[2] Archives d’Alsace site de Colmar, Verordnungsblatt <P 216>, année 1942 n° 27, p.251.
[3] Reichsmark.

Société d'Histoire de Wintzenheim, Daniel Morgen et Marie-Claude Isner

Sources :
- Archives privées conservées par la famille, 12 août 2024
- DVD AERIA 2016
- Frédéric STROH - Les Malgré-nous de Torgau : des insoumis alsaciens et mosellans face à la justice militaire nazie. Edité par l'Incongruiste - Bischoffsheim, 2006.

*

1942

Xavier PFEFFER fils

Wintzenheim

14 octobre 1942

Xavier PFEFFER fils,
incorporé de force dans l'armée allemande.

Photo prise dans la cour de la maison familiale
12 rue Oberlinden à Wintzenheim

Xavier Pfeffer fils (18 ans en 1940)
Profession : Viticulteur - Domicile : Wintzenheim (Haut-Rhin)
Né le 8 janvier 1922 à Wintzenheim (Haut-Rhin).

1942

Xavier PFEFFER fils

 Incorporé de force le 14 octobre 1942

au 87ème Régiment d'Artillerie de la Wehrmacht.

On le reconnat au centre, à l'arrière.

Eévadé en compagnie de René Koch le 20 juillet 1943 à Kernouës (Finistère), il est arrêté par les Allemands le 28 juillet 1943 à Bordeaux, interné à Bayonne (Pyrénées-Atlantique), jugé par le tribunal de guerre de Mont-de-Marsan (Landes) en octobre 1943, condamné à une peine de six années de réclusion, déporté le 24 février 1944 à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), transféré à Anklam (Allemagne), libéré le 3 mai 1944 pour être hospitalisé à Bernau (Allemagne), arrêté une seconde fois le 1er décembre 1944, transféré le 4 à Linz (Autriche) puis à Torgau (Allemagne) et libéré le 15 janvier 1945.
- Croix de guerre avec palme, J.O. 15.12.1983 : déporté en Allemagne pour son action dans la Résistance, en est revenu comme grand invalide à la suite des privations et des préjudices subis.
-Titulaire de la Croix de Combattant volontaire de la Résistance, Guerre 39-45. Décision 3073 du Ministère de la Défense, 30 décembre 1985.

DVD AERIA 2016, MUSEE DE LA RESISTANCE

 

1943

 
Wintzenheim

27 août 1943

Meldung über unerlaubte Entfernung

Notification d'absence non autorisée (désertion)
du canonier Xavier PFEFFER fils.

Evadé en compagnie de René Koch le 20 juillet 1943 à Kernouës (Finistère), il est arrêté par les Allemands le 28 juillet 1943 à Bordeaux, interné à Bayonne (Pyrénées-Atlantique), jugé par le tribunal de guerre de Mont-de-Marsan (Landes) en octobre 1943, condamné à une peine de six années de réclusion, déporté le 24 février 1944 à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), transféré à Anklam (Allemagne), libéré le 3 mai 1944 pour être hospitalisé à Bernau (Allemagne), arrêté une seconde fois le 1er décembre 1944, transféré le 4 à Linz (Autriche) puis à Torgau (Allemagne) et libéré le 15 janvier 1945. Il est titulaire de :
- la Croix de Guerre avec palme, J.O. 15.12.1983 : déporté en Allemagne pour son action dans la Résistance, en est revenu comme grand invalide à la suite des privations et des préjudices subis.
- la Croix de Combattant volontaire de la Résistance, Guerre 39-45. Décision 3073 du Ministère de la Défense, 30 décembre 1985.

Source : DVD AERIA 2016, MUSEE DE LA RESISTANCE

   

1944

La famille de Xavier PFEFFER père

 

Nouvel-An 1944

Umsiedlungslager 141 Breslau

Neujahr 1944
Nouvel-An 1944

Auf ein baldiges Wiedersehn im schönen Elsass
A bientôt dans notre belle Alsace

Nouvel-An 1944

Umsiedlungslager 141 Breslau

Neujahr 1944

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On reconnait au rang du milieu :
1 : la fille Anna Pfeffer (Anne-Marie Caroline, 17 ans)
2 : la mère Anna Pfeffer-Breysacher
3 : la fille Maria Pfeffer (Marie-Jacqueline, 15 ans)

Eté/automne 1944

A la ferme du Klotzhof à Schechingen

Photo de gauche :
Anne Caroline dite Anna et Marie Jacqueline dite Maria.

Photo de droite :
Marie Jacqueline avec une génisse

Eté/automne 1944

A la ferme du Klotzhof à Schechingen

De gauche à droite :
homme à gauche non identifié,
au centre Marie Jacqueline et Anne Caroline,
et à droite la mère, Anna Pfeffer née Breysacher

1945

*
 

1945

Cartes de Rapatriés

de Xavier et Anna PFEFFER
à leur retour de Schechingen.

Le retour d'exil de la famille Pfeffer à Wintzenheim

Extrait du Nouveau Rhin Français du 16 mai 1945

WINTZENHEIM : Aus der Verbannung zurück

Nach anderthalb-jähriger Abwesenheit kehrte gestern die hiesige Winzerfamilie Xavier Pfeffer aus Deutschland zurück, wohin sie im Oktober 1943 verbannt worden war. Ihr Sohn war 1943 von seinem Truppenteil, der aus Frankreich nach der Ostfront verlegt werden sollte, desertiert. Er wurde in Bordeaux wieder gefasst und am 26. Oktober 1943 zu sechs Jahren Zuchthaus verurteilt.

Zwei Tage später wurden die Eltern und zwei Schwestern vom Felde herab verhaftet. Eine Intervention des damaligen Ortsvikars, Pater Kretz, hatte zur Folge, dass auch dieser den Weg ins Konzentrationslager nahm. Die Familie Pfeffer kam zunächst nach Schirmeck und trat von dort aus den Weg nach Breslau an. Hier wurden sie dem 141. Ausbürgerungslager zugewiesen, wo sie das Los von 350 Landsleuten teilten. Interessant ist die rassenkundige Untersuchung, deren sich die Ausgebürgerten unterziehen mussten. Alle wurden in vier Kategorien eingeteilt. Die erste war deutschrassig, die zweite und die dritte deutschblutig und die vierte nichtarisch. Als Angehörige der Klasse 3 hatten sie Gelegenheit sich nach Erledigung mehrerer Formalitäten nach Süddeutschland versetzen zu lassen. Am 3. April 1944 kam die Familie Pfeffer in Schechingen (Kreis Schäbisch-Gmünd) auf den Klotzhof, wo sie bis zur Befreiung durch die Amerikaner am 23. April 1945 als landwirtschaftliche Arbeiter beschäftigt waren. Am 4. Mai konnte endlich die langersehnte Heimreise angetreten werden. Sie führte in Camions über Heilbronn, Speyer, Landau nach Saarburg, wo im dortigen Centre de Rapatriement die letzten Formalitäten erledigt wurden und von wo aus die letzte Etappe per Eisenbahn zurückgelegt wurde. 4 glückliche Menschen kehrten gestern morgen in ihren Heimatort zurück — zufrieden den braunen Horden entronnen zu sein — und überglücklich ihre Heimstätte, die sie während anderthalb Jahren so schmerzlich vermissen mussten, unbehelligt durch die Kriegsereignisse, wiederzufinden.

— Ebenfalls aus Deutschland zurückgekehrt sind unsere Mitbürger Voné August und Salch. Ihnen allen ein herzliches Willkomm in der befreiten Heimat !

WINTZENHEIM : De retour d'exil

Après une année et demie d'absence, la famille du vigneron wintzenheimois Xavier Pfeffer est revenue hier d'Allemagne, où elle avait été exilée en octobre 1943. Leur fils avait déserté en 1943 son unité de la Wehrmacht qui allait être transférée de France vers le front de l'Est. Il fut repris à Bordeaux et condamné le 26 octobre 1943 à six ans de réclusion.
Deux jours plus tard, la Gestapo est allée jusque dans les vignes procéder à l’arrestation de ses parents et de ses deux sœurs. Une intervention du vicaire local de l'époque, le Père Emile Kretz, eut pour conséquence que celui-ci prit également le chemin du camp de concentration. La famille Pfeffer arriva d'abord à Schirmeck, d'où elle prit le chemin de Breslau. Là, ils furent affectés au camp d'expatriation 141, où ils partagèrent le sort de 350 de leurs compatriotes. Les expatriés durent s’y soumettre à un examen racial caractéristique de l’idéologie nazie, au terme duquel ils furent répartis en quatre catégories. La première catégorie était celle des citoyens de race allemande, la deuxième et la troisième celles des Allemands de souche et la quatrième celle des non-Aryens. En tant que membres de la troisième, ils eurent, après avoir rempli plusieurs formalités, la possibilité d’être transférés dans le sud de l'Allemagne. Le 3 avril 1944, la famille Pfeffer arriva au Klotzhof, à Schechingen (arrondissement de Schwäbisch-Gmünd [1]), où ils furent employés comme ouvriers agricoles jusqu'à leur libération par les Américains le 23 avril 1945. Le 4 mai, ils purent enfin entreprendre le voyage de retour tant attendu. Celui-ci s’effectua en camion via Heilbronn, Spire, Landau jusqu’au Centre de Rapatriement de Sarrebourg. Après y avoir accompli les ultimes formalités, ils firent la dernière étape du retour en train. Heureux d'avoir échappé aux hordes brunes, les quatre membres de la famille eurent le bonheur de retrouver hier matin leur village natal et leur foyer, qui leur avaient si cruellement manqué pendant un an et demi, et d’avoir échappé aux épreuves de la guerre. - Nos concitoyens Voné Auguste et Salch Charles sont également rentrés d'Allemagne. À tous, un cordial bienvenu dans la patrie libérée !
(traduction Daniel Morgen)
[1] Actuellement, la commune n’est plus rattachée au Kreis de Schwäbisch-Hall.

*

1960

 

4 juillet 1960

Carte de Patriote

Attribution à Anne Marie SCHOEPFER née PFEFFER
née le 21 février 1926
domiciliée 74 rue Clemenceau à Wintzenheim

de la Carte de Patriote Résistant à l'occupation
des départements du Rhin et de la Moselle,
incarcéré en camps spéciaux.

Période de contrainte :
du 28.10.1943 au 12.05.1945

(collection Antoinette Schoepfer)
Wintzenheim

4 juillet 1960

Carte de Patriote

Attribution à Marie Jacqueline KLEIM née PFEFFER
née le 19 mai 1928
domiciliée 82 rue Clemenceau à Wintzenheim

de la Carte de Patriote Résistant à l'occupation
des départements du Rhin et de la Moselle,
incarcéré en camps spéciaux.

Période de contrainte :
du 28.10.1943 au 12.05.1945

(collection Cécile Kleim)

Société d'Histoire de Wintzenheim, 2024


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