WINTZENHEIM 39-45

Une rue de Wintzenheim porte son nom : René Schmitt

René SCHMITT : mort en déportation

 René SCHMITT est né le 12 octobre 1921 à Wintzenheim. Après l'école primaire de Wintzenheim, il fréquente l'école primaire supérieure de Colmar jusqu'au brevet industriel. Passionné dès son jeune âge pour l'automobile, il ne peut résister à acquérir une formation pratique dans cette branche. L'occupation allemande le surprend mais René n'accepte pas un seul instant l'idée de servir l'Allemagne. Pour éviter son enrôlement dans le R.A.D. (Reichsarbeitsdienst) qui précédait l'enrôlement dans l'armée, il quitte l'Alsace clandestinement le 11 juillet 1941 en compagnie de Robert Clor, et s'engage dès son arrivée en zone libre au 151e R.I. à Lons-le-Saunier. Après l'occupation de la zone libre par l'armée hitlérienne, c'est-à-dire après le 11 novembre 1942, il est démobilisé.

Le 1er février 1943, René entre dans la Résistance de Lyon (sous le nom de code Serge Riffart) et plus précisément dans le réseau Électre Bouleau faisant partie du B.C.R.A. (Bureau Central de Renseignements et d'Action) de Londres. Il est agent P2, avec le grade de sous-lieutenant, chargé de mission 3e classe. A partir de ce moment, c’est pour lui une vie mouvementée à l'extrême dans ce réseau de renseignements des Forces Françaises Libres, et où il est chargé par la suite de l'installation et du commandement d'une unité d'émission radio dans les murs de l'établissement des époux Woehrlé, à Lyon.

Arrêté le 17 mai 1944 à Lyon en même temps que Robert Clor, il est interrogé par la Gestapo dans les locaux de l'École de santé militaire, puis interné à la prison Montluc de Lyon. Il y subit toute la gamme des sévices et des tortures faisant partie du répertoire de la Gestapo, sans livrer de noms, sauvant ainsi bon nombre de ses camarades. Le 18 juin 1944 il est chargé dans un wagon du tristement célèbre "train de la mort" à destination de Dachau via Compiègne. Hélas, de ces wagons où ils étaient entassés à raison de 120 déportés en moyenne, il ne devait plus sortir le 2 juillet 1944 une fois les portes ouvertes le long de la rampe d'arrivée à Dachau, qu'une petite poignée de vivants, les autres étant déjà morts ou sur le point de mourir. René Schmitt était parmi les morts.

René Schmitt qui a donné sa vie à la patrie, a été un exemple de dévouement, d'abnégation et de courage pour tous ses camarades. Il a gagné l'estime de tous ceux qui l'ont connu. Une rue de Wintzenheim porte son nom.

Société d’Histoire de Wintzenheim, Marie-Claude Isner

Sources :
- AERIA. La Résistance des Alsaciens. 2016.
- Frontstalag 122 Compiègne-Royallieu. Un camp d'internement allemand dans l'Oise, 1941-1944, Beate Husser, Jean-Pierre Besse, Françoise Leclère-Rosenzweig - Archives Départementales de l'Oise, 2008.
- Mémoire des Hommes : Médaille de la Résistance, Décret du 15.10.1945, Journal Officiel du 20.10.1945.


WintzenheimRené Schmitt vers 1941-42 dans l'uniforme du 151e R.I. (collection Marie Andlauer)

René Schmitt, patriote ardent, né le 12 octobre 1921 à Wintzenheim, est mort en déportation.
Il a succombé dans le train de la mort le 2 juillet 1944, à Dachau, Allemagne.

René SCHMITT est né à Wintzenheim le 12 octobre 1921. Après l’invasion de la France par les armées nazies, l’Alsace est annexée au Reich en octobre 1940. Afin d’échapper au Reicharbeitsdienst - Service du Travail du Reich - qui précédait l’enrôlement dans l’armée., René Schmitt quitte l’Alsace clandestinement en compagnie de Robert Clor, également natif de Wintzenheim. Dans un premier temps il s’engage au 151ème RI à Lons-le-Saunier, puis, après le 11 novembre 1942 il s’engage dans la Résistance de Lyon, où il travaillera pour le Bureau Central de Renseignements et d’Action sous le nom de code de Serge Riffart.
Lors de l’occupation de la zone libre par l’armée hitlérienne en novembre 1942, il prend contact avec des membres de la Résistance de Lyon. Il est affecté au réseau Electre Bouleau, subdivision du Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA) basé à Londres. Son nom de code sera Serge Riffart et il sera chargé d’installer une unité d’émission radio dans l’établissement des époux Woehrlé, rue de Créqui à Lyon.
Le 14 mai 1944, il est arrêté par la Gestapo, avec d’autres membres du groupe dont Robert Clor. Interné à la prison de Montluc, il est interrogé à plusieurs reprises par Klaus Barbie dans les bâtiments de l’Ecole de Santé militaire ; soumis aux pires sévices et tortures, il ne trahira aucun de ses camarades. Là, Robert Clor le croisera dans un couloir à la fin d’un interrogatoire musclé ; c’est à peine s’il reconnaîtra René...
Un jour, un convoi l’emportera vers le Frontstalag 122, le camp de transit de Compiègne-Royallieu. Chargé dans un wagon à bestiaux avec d’autres déportés à destination du camp d’extermination de Dachau près de Munich, René Schmitt ne vivra jamais l’horreur de ce camp, car à l’ouverture des portes de son wagon, le 2 juillet 1942, il avait déjà quitté ce monde. Il ne figure donc pas dans le livre des morts tenu par le camp de Dachau.
Son acte de décès a été transcrit dans le Registre des Décès à Wintzenheim en date du 19 février 1947.
René SCHMITT a été décoré de l’Ordre de la Résistance à titre posthume le 12 mai 1970 par décret du 18 mars 1970.

Récit de Paul Hirlemann

Sources :
- Archives communales de Wintzenheim
- Résistants à Villeurbanne et aux alentours - 2824 engagements - Bruno Permezel 2003
- Divers articles Wikipédia relatifs à Dachau camp de concentration - Universitätsbibliothek Hamburg.

Pour perpétuer la mémoire de leur fils, ses parents avaient érigé une pierre tombale à son nom dans le jardinet devant leur maison, n°13 dans la rue qui porte son nom.


WintzenheimMars-avril 1944 : René Schmitt avec son amie Simone chez Charles Joerg à l'Ile Roy, Fontaines-sur-Saône près de Lyon (collection Odile Woehrlé)

De Wintzenheim à Lyon, dans la Résistance

René Schmitt est né le 12 octobre 1921 à Wintzenheim. Après l'école primaire de Wintzenheim, il fréquente l'école primaire supérieure de Colmar jusqu'au brevet industriel. Passionné dès son jeune âge pour l'automobile, il ne put résister à acquérir une formation pratique dans cette branche. L'occupation allemande le surprit mais René n'accepta pas un seul instant l'idée de servir l'Allemagne. Pour éviter son enrôlement dans le R.A.D. (Reichsabeitsdienst), il quitta l'Alsace clandestinement le 11 juillet 1941 en compagnie de Robert Clor, et s'engagea dès son arrivée en zone libre au 151e R.I. à Lons-le-Saunier. Après l'occupation de la zone libre par l'armée hitlérienne, c'est-à-dire après le 11 novembre 1942, René entre dans la Résistance de Lyon (sous le nom de code Serge Riffart) et plus précisément dans le réseau Électre Bouleau faisant partie du B.C.R.A. de Londres. A partir de ce moment, ce fut pour lui une vie mouvementée à l'extrême dans ce réseau de renseignements des Forces françaises libres, et où il fut chargé par la suite de l'installation et du commandement d'une unité d'émission radio dans les murs de l'établissement des époux Woehrlé, 156 rue de Créqui.

Trahi, torturé et mort en déportation

Hélas, mi-mai, un traître devait le vendre à la Gestapo, ainsi que plusieurs autres agents du réseau. Arrêté le 17 mai 1944 à Lyon en même temps que Robert Clor, il est interrogé par la Gestapo dans les locaux de l'École de santé militaire, puis interné à la prison Montluc de Lyon. Il dû subir toute la gamme des sévices et des tortures faisant partie du répertoire de la Gestapo, et sans parler, sauvant ainsi bon nombre de ses camarades. Puis il fut chargé dans un wagon du tristement célèbre "train de la mort", à destination de Dachau, via Compiègne. Hélas, de ces wagons où ils étaient entassés à raison de 120 déportés en moyenne, il ne devait plus sortir, une fois les portes ouvertes le long de la rampe d'arrivée à Dachau, qu'une petite poignée de vivants, les autres étant déjà morts ou sur le point de mourir. René Schmitt était déjà parmi les morts.

René Schmitt qui a donné sa vie à la patrie, a été un exemple de dévouement, d'abnégation et de courage pour tous ses camarades. Il a gagné l'estime de tous ceux qui l'ont connu.

Source : Paul Hirlemann et "Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, 2824 engagements", Bruno Permezel, 2003 



WintzenheimLes belles Figures de la Résistance

Parmi cette pléiade d'hommes ayant tout sacrifié à la Patrie, il convient de distinguer tout particulièrement René SCHMITT,

Ce jeune homme n'accepta pas un seul instant l'idée de servir l'allemand et dès 1940 il chercha à s'engager dans les Forces de la Résistance. En 1942, après diverses péripéties, i1 entra en service dans un réseau de Renseignements des Forces Françaises Libres. Dès lors commença pour lui une vie mouvementée faite d'abnégation et de sacrifices où il donna toute sa mesure.

Continuellement sur la brèche il assura la protection des emplacements d'émissions, Il organisa des liaisons avec les réseaux du B.C.R.A. et finalement fut chargé du commandement d'un service d'émission. J'ai eu souvent l'occasion de partir en opération avec lui dans les moments les plus critiques, il ne se départissait jamais de sa bonne humeur, son courage était exemplaire.

Hélàs ! un traltre devait le vendre à la Gestapo. Arrêté à Grenoble, transféré à Montluc, torturé comme seuls les Allemands peuvent le faire, René SCHMITT ne parla pas, sauvant ainsi ses camarades restés en liberté. Désigné pour être interné en Allemagne, noua perdons sa trace après Compiègne. Des renseignements que nous avons pu obtenir, René serait décédé dans ce fameux convoi de la Mort où périrent plus de 800 des nôtres. J'ai pu personnellement démasquer le traître qui l'avait dénoncé, le sinistre DUMOULIN qui, condamné à mort par le Conseil de Guerre de Nantua, fut fusillé à Izernore. Ceci ne nous rendra pas notre pauvre camarade, que nous regrettons tous, mais son exemple reste et ses parents peuvent être fier de lui.

Bérenger, Agent des Services Spéciaux.

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Voir page 324 de https://www.promoltd.org/aapltd/VagabondsHonneur.pdf


La rue René Schmitt

Wintzenheim

La maison natale de René Schmitt,
au n° 13 de la rue qui porte son nom
(photo Guy Frank, 22 avril 2004)

Wintzenheim (photo Guy Frank, 17 mars 2004)

CAMP DE COMPIEGNE-ROYALLIEU

Sous administration allemande, le camp de transit avant déportation de Compiègne-Royallieu est situé au nord de Paris, sur le territoire de la commune de Compiègne (Oise). Ancienne caserne, il est composé de plusieurs quartiers séparés par huit bâtiments.

CAMP DE DACHAU

Dachau est une ville allemande située au nord-ouest de Munich. Himmler, chef de la police de Bavière, y a fondé le premier camp de concentration S.S. en mars 1933. Initialement destiné aux Allemands antinazis, le camp de Dachau renferme des déportés jusqu'au 29 avril 1945, jour de sa libération par l'armée américaine. Camp central, il comporte cent quatre vingt-trois Kommandos extérieurs. Au moins 200.000 personnes y ont été déportées, au moins 30.000 y sont mortes (selon les dernières recherches).

Source : Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, 2824 engagements, Bruno Permezel, 2003


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