WINTZENHEIM 39-45

Le parvis des Malgré-Nous inauguré le 8 mai 2015


Wintzenheim Élus et représentants du monde associatif ont dévoilé la stèle à la mémoire des incorporés de force sur le parvis des écoles, dorénavant appelé « parvis des Malgré-Nous » (photo Thierry Struss)

Vibrant hommage à la mémoire des incorporés de force

Un dépôt de gerbe, vendredi matin, a donné le coup d’envoi des commémorations du 8 mai à Wintzenheim. Des moments d’émotion ont suivi, notamment lors de l’inauguration du « parvis des Malgré-Nous » et d’une stèle.

Le maire de Wintzenheim, Serge Nicole, en compagnie des présidents de l'UNC Christian Calabrese et de l'Adeif Antoine Abt, a déposé ce vendredi une gerbe au pied du monument aux morts, donnant le coup d'envoi d'une matinée marquant le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Au son de la sonnerie aux morts, le public s'est recueilli, en présence du conseiller départemental Lucien Muller et du conseiller régional Jacques Cattin.
Jean-Pierre Muller, président de l'Union nationale des sous-officiers en retraite, et Henri Jourdan ont été respectivement décorés de la médaille de la Reconnaissance de la nation Algérie et de la Croix du combattant.

Plus de 200 jeunes enrôlés de force

Cette cérémonie encadrée par les drapeaux des associations patriotiques qui déployaient un bel éventail tricolore, un détachement du corps des sapeurs pompiers, et par les prestations de l'Harmonie Hohlandsbourg, a été précédée par un office religieux à la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours.
L'ensemble des participants a ensuite rejoint le parvis du groupe scolaire pour une émouvante cérémonie. En effet, la Ville a rendu un vibrant hommage aux incorporés de force en inaugurant le « parvis des Malgré-Nous », où a été érigé une magnifique sculpture représentant un soldat.
Avant de dévoiler cette statue réalisée par l'artiste-sculpteur Patrick Berthaud, avec le précieux concours du tailleur de pierre Elio Augusto, le maire a rappelé qu'entre 1942 et 1945, plus de 200 jeunes originaires de la cité ont été contraints de servir l'armée allemande. 55 d'entre eux ont perdu la vie dans les combats ou en détention dans les camps de prisonniers soviétiques comme Tambow. Huit avaient moins de 20 ans. Trois familles de Wintzenheim ont perdu deux fils, l'un sous l'uniforme français et l'autre sous l'uniforme allemand, Les survivants restent durablement marqués d'avoir servi sous un uniforme qu'ils n'ont pas choisi de porter. Et le maire d'ajouter « ce drame est notre histoire, ne l'oublions pas ».
Moment d'intense émotion aussi avec la lecture par deux enfants de l'école primaire d'un texte sur les Malgré-Nous, et aussi la lecture d'un poignant témoignage d'un incorporé de force, Jean-Paul Zind, par son petit-fils.

Source : Sven Bachert, L'ALSACE du samedi 9 mai 2015

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Wintzenheim

Jean-Paul ZIND le 1er juin 1944 à Krakau (Cracovie en Pologne)

 

Le témoignage de Nicolas

Bonjour, je m'appelle Nicolas et je vais vous raconter l'histoire de mon arrière grand-père qui a vécu la 2ème guerre mondiale. Mon arrière grand-père s'appelait Jean-Paul Zind. Il est mort il y a quatre mois et je pense qu'il aurait aimé voir cette statue.
En 1944, les Allemands ont besoin de soldats car beaucoup sont morts à Stalingrad. Le 5 avril, on vient le chercher pour partir à la guerre sous l'uniforme allemand. S'il avait refusé, toute sa famille aurait été emprisonnée. Il devient alors Johann, soldat du Reich, malgré-lui matricule 4390. Wintzenheim est libéré le 2 février 1945. Il reviendra au printemps 1945 et reprendra son métier de jardinier. Plus tard, il deviendra un "malgré-nous".

Source : Nicolas Da-Ros, arrière petit-fils de Jean-Paul Zind, 8 mai 2015

 


Wintzenheim La statue, œuvre du sculpteur Patrick Berthaud, se trouve sur le parvis des Malgré-nous également inauguré le 8 mai (photo Thierry Struss)

Wintzenheim - Cérémonie du 8-Mai : Statuaire mémorielle

Wintzenheim a payé un lourd tribut à l'incorporation de force. Plus de 200 jeunes ont été enrôlés de force et 55 ne sont pas revenus. Une statue, inaugurée hier devant l'école de la Dame Blanche, leur est dédiée.

Le bloc de cinq tonnes de grès des Vosges, en provenance de Vittel, a été dégrossi par le tailleur de pierre, Elio Augusto, avant que le sculpteur, Patrick Berthaud, le façonne pour en faire cette statue, symbole de l'incorporation de force.*
Elle a été inaugurée hier par la municipalité de Wintzenheim, en présence notamment de Antoine Abt, bientôt 90 ans, l'un des 200 jeunes de la commune enrôlés de force dans l'armée nazie. « Cinquante-cinq d'entre eux perdront la vie dans les combats ou en détention dans les camps de prisonniers soviétiques comme Tambow », a souligné le maire, Serge Nicole. « Huit avaient moins de 20 ans. Trois familles de Wintzenheim perdront deux fils, l'un sous uniforme français et l'autre sous l'uniforme allemand ».

« On peut le voir tué sur un champ de bataille ou alors lançant un cri de désespoir »

Posée sur un socle d'une tonne, la statue a été réalisée en moins d'un mois et demi par l'artiste. Et l'œuvre semblait faire l'unanimité hier. Incarnant un Alsacien ou un Mosellan portant l'uniforme de la Wehrmacht, le soldat de grès est à genoux et semble touché au cœur. L'interprétation reste libre insiste Patrick Berthaud. « On peut le voir tué sur un champ de bataille ou alors lançant un cri de désespoir ».
Si l'incorporé de force est affublé de tous les accessoires du classique fantassin allemand, il ne porte pas de fusil ou de pistolet. « Nous sommes devant une école et il aurait été inopportun de le représenter avec une arme », note le sculpteur.
Cependant, le choix d'installer la statue devant l'école de la Dame Blanche, sur cet espace baptisé hier parvis des Malgré-nous, est totalement assumé par la mairie. « Beaucoup d'enfants et de familles passeront devant cette œuvre et s'interrogeront sûrement sur sa signification », estime Serge Nicole. « C'est cela aussi, le devoir de mémoire que nous devons faire perdurer ».
Pourquoi transmettre ? « Pour ne pas oublier et nous préserver du retour de la barbarie. Pour nourrir le lien intergénérationnel indispensable à toute société. Pour inviter les jeunes à réfléchir sur l'actualité de notre histoire. Pour lutter contre les paroles et les actes qui se nourrissent de la haine et des négationnismes », a répondu Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, dans une tribune publiée avant-hier dans le Huffington Post.
Son message pour le 70e anniversaire de la Victoire a été lu plus tôt dans la matinée par le président de l'UNC, Christian Calabrese. Serge Nicole lui a emboîté le pas, insistant sur le devoir de vigilance, 70 ans après la capitulation allemande. « Aujourd'hui, nous ne sommes pas en guerre contre un peuple pour des idées ». Le combat actuel est plus insidieux. Il est économique et social a-t-il rappelé.
Lors de cette cérémonie commémorative, deux personnes ont été décorées. Jean-Pierre Muller a reçu la médaille de reconnaissance de la Nation avec agrafe "Afrique du Nord" ; Henri Jourdan a reçu cette même médaille ainsi que la croix du combattant avec agrafe "mission extérieure".

Source : N.R., les DNA du samedi 9 mai 2015

* La statue qui a été érigée devant l'école La Dame Blanche a coûté 17.500 EUR (Conseil Municipal du 22 mai 2015, DNA du dimanche 24 mai 2015).


WintzenheimIn memoriam

(photo Thierry Struss)

« Entre 1942 et 1945, plus de 200 jeunes originaires de Wintzenheim seront contraints de servir dans l'armée allemande », a rappelé Serge Nicole, maire de cette commune de la région de Colmar. « 55 d'entre eux perdront la vie dans les combats ou en détention dans les camps de prisonniers soviétiques comme Tambow. »
La municipalité a souhaité leur rendre hommage hier à travers l'inauguration d'une statue installée sur un espace baptisé « parvis des Malgré-nous ». L'œuvre, en grès des Vosges, réalisée par le sculpteur Patrick Berthaud, est posée à deux pas de l'entrée d'une école. Un choix voulu par le maire qui y voit ainsi une contribution au devoir de mémoire.
Le soldat, incarnation de l'incorporé mosellan ou alsacien, à genoux, revêt l'uniforme de la Wehrmacht et pose sa main droite sur son cœur. « On peut le voir tué sur un champ de bataille ou lancer un cri de désespoir », note l'artiste qui a façonné ce bloc de grès en moins de deux mois.

Source : DNA du samedi 9 mai 2015

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Devoir de mémoire

Aujourd’hui Wintzenheim rend hommage à ces incorporés de force en inaugurant le parvis des «Malgré-Nous». Pourquoi avoir fait le choix de mettre cette magnifique sculpture représentant un soldat devant les écoles ? Beaucoup d’enfants et de parents passeront devant cette stèle et pourront lire ce qu’étaient les incorporés de force. C’est cela le devoir de mémoire que nous devons perdurer.
Merci à l’artiste Monsieur Patrick BERTHAUD, sculpteur, pour cette très belle réalisation, à Monsieur Elio AUGUSTO pour son précieux concours et à Monsieur Ludovic CONTE, des services techniques.

Source : Serge NICOLE, maire de Wintzenheim, en conclusion de son discours inaugural, 8 mai 2015.


HISTOIRE D’UN DRAME

L’incorporation de force des Alsaciens et des Mosellans

Wintzenheim

(photo Thierry Struss)

22 juin 1941 : Hitler attaque l’URSS, son ancien allié. Six mois plus tard, devant Moscou, la Wehrmacht connaît sa première défaite. Dès lors, le Führer jette dans le conflit toutes les ressources du Reich. Tous les territoires annexés sont mis à contribution.

25 août 1942 : le Gauleiter Robert Wagner décrète l’incorporation obligatoire en Alsace, six jours après son collègue Bürckel en Moselle. Presque simultanément l’administration civile allemande règle la question de la nationalité des Alsaciens et des Mosellans, toujours français en droit, au mépris de la convention d’armistice de juin 1940 et des conventions de la Haye qui interdisent à la puissance occupante de mobiliser la population d’un territoire occupé. Malgré les protestations au demeurant fort molles du gouvernement de Vichy, le Reich fait d’eux des citoyens allemands. Dans la population, c’est le tollé. Les conseils de révision sont le théâtre d’émeutes. La plupart des jeunes gens n’acceptent pas de servir dans l’armée allemande. Certains s’évadent et rejoignent la résistance pour échapper à l’envoi au front. Les autres, pour éviter de terribles représailles à l’égard de leurs familles, se laissent incorporer. Ils deviendront les « Malgré-Nous ». Au total, 130.000 jeunes Alsaciens et Mosellans sont incorporés et, pour l’essentiel d’entre eux, envoyés sur le front russe ou dans la marine de guerre. Près de 42.000 sont morts ou disparus, ce qui montre le lourd tribut payé par l’incorporation de force.

Entre 1942 et 1945 plus de 200 jeunes originaires de Wintzenheim seront contraints de servir dans l’armée allemande. 55 d’entre eux perdront la vie dans les combats ou en détention dans les camps de prisonniers soviétiques comme Tambow. Huit avaient moins de 20 ans. Trois familles de Wintzenheim perdront deux fils, l’un sous l’uniforme français et l’autre sous l’uniforme allemand. Les survivants resteront durablement marqués d’avoir servi sous un uniforme qu’ils n’ont pas choisi de porter.

Passant ne l’oubliez pas : ce drame est notre histoire !

Wintzenheim, le 8 mai 2015


Wintzenheim A peine installée, déjà dégradée

Les deux doigts de la main gauche cassés.

Serge Nicole, maire de Wintzenheim, était très remonté hier matin lorsqu'il a appris la dégradation de la statue installée devant l'école La Dame Blanche et inaugurée le 8 mai dernier.

« Je n'ai pas peur de le dire, il s'agit d'une profanation ! », tempête celui qui va, au nom de la commune, déposer plainte à la gendarmerie. C'est un élu de la majorité qui s'est aperçu, ce week-end, que deux doigts de la main gauche du personnage, qui incarne un incorporé de force, avaient été cassés.

S'agit-il d'une dégradation volontaire ou d'un accident ? « Il ne s'agit peut-être pas d'un acte de malveillance... Nous avons déjà vu des jeunes jouer au ballon à cet endroit », note Serge Nicole qui va, du coup, interdire les jeux sur ce parvis.

Cette statue, en grès des Vosges, réalisée par le sculpteur Patrick Berthaud, avait été commandée par la municipalité qui souhaitait ainsi rendre hommage aux incorporés de force (plus de 200 pour la seule commune de Wintzenheim, enrôlés dans les armées du IIIe Reich.

Face à cette petite délinquance, Serge Nicole veut renforcer le système de vidéosurveillance avec la pose de nouvelles caméras, rue Clemenceau, dans le square des anciennes écoles et devant l'école La Dame Blanche. Plusieurs sont déjà en service en vieille ville et à Logelbach.

Source : DNA du mardi 2 juin 2015


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