(photo Alphonse Voegtli, collection Guy Frank)
Voici le rapport d'expertise des dommages de guerre présenté à la commune par l'ingénieur Charles Baumgartner :
L'horloge publique, propriété certaine de la commune, a été
livrée en 1845 par Schwilgué
de Strasbourg (auteur de l'horloge astronomique
de la Cathédrale de Strasbourg). C'est un bel ensemble d'instrument
construit par un facteur célèbre et qui était à l'origine de la construction
moderne, caractérisée par la disposition horizontale des mobiles ce qui permet
des nettoyages et des réparations faciles. Lorsqu'au moment de la libération
l'église fut prise sous le feu, cette horloge a subi les dommages suivants :
- le souffle des déflagrations a arraché quelques chiffres des
cadrans. Il faut cependant remarquer que ces chiffres ne tenaient plus en place
de toute façon, les cadrans nord, est et sud sont complètement pourris par les
intempéries.
- un éclat a arraché un élément du cordon de transmission.
- le souffle des éclatements a certainement provoqué d'intenses
dégagements de poussière, et cassé les 4
vitres des portes qui manquent.
Edmond Schillinger a pu sauver deux des quatre anciennes aiguilles (photo Guy Frank, 15 mars 2003)
La maison Ungerer de Strasbourg, successeur de
Schwilgué, a été contactée en 1948 pour étudier les possibilités :
- d'adjoindre aux cadrans des aiguilles indiquant les minutes, ce
qui serait certainement une amélioration mais exige la fourniture d'une
cadrature complète par cadran.
- de remplacer les cordes en chanvre par des câbles en acier.
- de remplacer le système de remontage manuel par un système
automatique électrique.
Source : AMW 3H6 (6)
![]() (Source : ADHR Purg. 30.029/240) |
![]() (collection Fernande Gavillot) |
Les cadrans de l'horloge de l'église Saint-Laurent de Wintzenheim ne comportaient qu'une seule aiguille jusqu'en 1948, indiquant les heures. C'était probablement suffisant pour la population, majoritairement agricole (la journée était rythmée par le soleil ou par l'angélus) et ouvrière (les sirènes des usines indiquaient les pauses et les heures de sortie). Ce détail permet de dater de nombreuses photos de Wintzenheim, sur lesquelles on distingue le clocher de l'église avec des cadrans à une seule ou deux aiguilles...
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Le 16 juillet 1948, le Conseil municipal décide de faire procéder à la réfection de l'horloge. Le devis de la maison Ungerer Frères de Strasbourg comprend la réparation du mécanisme de l'horloge, la fourniture de 4 cadrans en tôle avec renforcement en fer forgé d'un diamètre de 2,30 mètres, la fourniture de 4 paires d'aiguilles, la dorure à la feuille des chiffres et des aiguilles, la mise en place d'un système de remontage électrique automatique. Les travaux seront réalisés du 16 au 30 novembre 1948.
Le 19 novembre 1948, le clocher de l'église eut droit à ses nouveaux cadrans. Ils comportaient enfin deux aiguilles !
(photo Alphonse Voegtli, Photothèque SHW 808)
De gauche à droite :
Debout : 1) le coiffeur Kling, 2) le contremaître de l'entreprise
Ungerer, 3) un ouvrier de l'entreprise Ungerer, 4) Joseph Kling né
en 1904, 5) le commissaire de police Joseph Birgy, 6) l'épicier Lucien
Riedinger
Assis : 7) Joseph Breysacher, 8) un ouvrier de l'entreprise Ungerer, 9) la fille de Paul
Riedinger, 10) Louis Braun, 11) non identifié
Le fonctionnement du système de remontage automatique breveté par la maison Ungerer est des plus simples. Sur le schéma ci-contre, le châssis de l'horloge porte, au milieu, le mouvement de marche ; à droite, la sonnerie des quarts S1 ; à gauche, la sonnerie des heures S2. Le remontage du mouvement est opéré par la sonnerie des quarts chaque fois qu'elle sonne. Sur le mouvement est ajusté l'embrayeur E qui ferme, à l'heure voulue, le courant du réseau. A ce moment, les moteurs se mettent en marche, remontant les poids des sonneries respectives ; car chaque sonnerie possède un moteur. Un conducteur va directement de l'embrayeur E aux moteurs M1 et M2, les deux autres traversent les interrupteurs-limitateurs I1 et I2 (pour courant continu, un seul fil passe par ces interrupteurs). Les moteurs ne s'arrêtent que lorsque les poids P1 et P2 arrivant à leur point culminant, actionnent les interrupteurs. Chaque poids possède son interrupteur ; son remontage est donc indépendant de la position des autres poids et s'effectue jusqu'au bout. Aucun décalage des poids entre eux ne peut donc se produire. En cas d'interruption de courant électrique, ces horloges peuvent marcher et sonner pendant plus de 24 heures sans intervention.
Source : AMW 3H6 (6)
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