Un article du Kolmarer Kurier rend compte de l’incorporation du site du Logelbach dans la ville de Colmar, en voici la traduction.
Il sera incorporé le 1er octobre 1943 à la ville de Colmar.
Par
décision du chef de l’administration civile en Alsace du 10 août 1943, la partie
du Logelbach faisant partie jusqu’à présent de la commune de Wintzenheim, est
incorporée de ce jour à la ville de Colmar.
Le nom de Logelbach vient de la
rivière artificielle qui existait déjà au 13ème siècle et forme une dérivation
de la Fecht. Cette rivière fournissait la ville de Colmar en eau courante pour
faire fonctionner des moulins et d’autres installations industrielles, alimenter
en eau les tanneries, laveries et teintureries et pouvoir s’utiliser lors
d’incendies. A l’origine la rivière s’appelait Muhlbach ; le nom de « Logelen
Bach » n’est mentionné dans une charte qu’en 1575. Plus tôt, on trouve le nom de
Durrelogelheim qui désignait une petite localité située au carrefour de chemins
entre Turckheim-Colmar et Eguisheim-Ingersheim. « Logel » désigne une
étroite bande de terrain ; ce dernier était plus pauvre en eau et donc plus sec
(Dürr) que la contrée de Logelheim, village de l’Ill situé au sud de Colmar. Dürrlogelheim est mentionné dès le 12ème siècle. En 1177 il y eut en cet endroit
une lutte entre le comte de Horbourg et Eguenolphe d’Ursulingen et de
Ribeaupierre. Le village a toujours été très insignifiant et est peu nommé dans
les chartes. Au début du 17ème siècle (1608), il n’en restait qu’une chapelle.
Le ban et la localité furent incorporés plus tard à Wintzenheim.
Le Logelbach
actuel se développa en sens contraire. Le long du Mühlbach ou Logelbach, très
vite s’est érigée une série de moulins et d’installations hydrauliques. Celle
évoquée le plus anciennement est la « Uffmühle » qui hébergea un certain temps
les premières sœurs d’Unterlinden (environ 1230-1250). Avec le temps - comme
le montre Sébastien Munster dans sa vue de Colmar au 16ème siècle -, il y a eu
de nombreux moulins le long de la rivière : moulins à céréales, à foulon, à
papier et à aiguiser, martinets à fer et à cuivre et aussi un moulin à poudre.
En 1775, les frères Haussmann érigèrent leur première manufacture textile à la
place d’une tannerie ; au 19ème siècle suivit l’entreprise Herzog. De nombreuses
maisons se groupèrent autour de ces importantes usines et se réunirent
finalement en un tout avec Ingersheim et Colmar.
Aussi bien du point de vue
de la circulation que de celui du commerce, Logelbach est depuis longtemps
orienté vers Colmar. Ainsi, la réunion avec Colmar ne fait que confirmer un état
de fait existant depuis longtemps.
Le quartier du Logelbach s’appellera
dorénavant Colmar-Logelbach. Le droit local existant dans ce quartier reste en
vigueur en attendant, sauf dispositions constitutionnelles. L’état civil sera
enregistré à partir du 1er octobre 1943 par l’employé d’état civil de
Colmar. A partir de la même date, les affaires de l’aide officielle, de
l’entretien des familles, de la police (inscription des nouveaux arrivants)
seront régies par les offices compétents de la ville. Les impôts locaux seront
perçus à partir du 1er octobre 1943 par la ville de Colmar. Les cartes
d’alimentation seront distribuées à partir de la prochaine période d’attribution
par l’office d’alimentation de Colmar (Ernährungsamt). La population du
Logelbach sera informée dans les prochains temps par la distribution à tous les
foyers d’un aide mémoire précisant les changements dus à cette incorporation.
Le ban de Colmar a été augmenté par cette incorporation de 153 ha ; la
population s’est accrue de 950 personnes.
Le monument aux morts du
Logelbach porte encore les stigmates de la Deuxième Guerre Mondiale
La situation géographique du Logelbach est intéressante du
point de vue militaire. La localité commande la D10, passage entre le nord et le
sud du Haut-Rhin dans la traversée des débouchés des vallées de la Weiss et de
la Fecht. Le carrefour entre les routes Turckheim-Colmar et Ingersheim-Eguisheim
qui actuellement forme le carrefour Ligibell est important. Il faut se rappeler
que ni le contournement de Colmar déviant la N83 ni la pénétrante de l’Avenue de
l’Europe n’étaient réalisés.
Une autre particularité est que le Logelbach
forme une sorte d’avant poste de la ville en direction de l’ouest et constitue
ainsi une des protections de Colmar pour qui veut la défendre contre «
l’envahisseur » venant de cette direction. De plus, le poste électrique
constitue un point stratégique.
Voyant la situation du point de vue de
l’artilleur, nous remarquons que Kaysersberg se trouve à 7 km et que dans un
rayon de 10 km on trouve Alspach, débouché du col du Bonhomme, mais aussi
Labaroche qui commande l’accès aux Trois Épis, donc la vue sur la plaine
d’Alsace.
Il n’est donc pas étonnant que les Allemands aient installé des batteries
dans la localité dont l’importance avait déjà été reconnue au début de la
première guerre mondiale.
Les événements de la Libération nous sont relatés
par le curé de la paroisse du Logelbach.
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