WINTZENHEIM 39-45

Décembre 1944 - février 1945 : les combats de la Poche de Colmar


WintzenheimLa bataille de la Poche de Colmar

Avant Noël 1944, Wintzenheim et sa population étaient en quelque sorte les lointains témoins de la destruction des villages de la Poche de Colmar, en attendant que la guerre vienne leur imposer à son tour les innombrables malheurs d'une cité emprisonnée entre les lignes de feu. La période de décembre 1944 à février 1945 a été difficile pour la commune, la guerre s'est rapprochée avec des tirs d'artillerie. Le courant électrique était souvent coupé et à l'église, par exemple, la soufflerie de l'orgue devait alors être actionnée à la main par une ou deux personnes, et ceci dans une église glaciale.

A partir de décembre 1944, la population se voyait continuellement tiraillée entre l'espoir d'une libération prochaine et la crainte, car elle n'osait imaginer le départ de la Wehrmacht sans de sérieuses représailles pour elle et le village. En fait, de nombreux incidents devaient se produire et plonger dans le deuil et le désarroi une commune toute entière. En janvier 1945, les Allemands se cramponnaient dans la plaine autour de Colmar, les hauteurs entourant Wintzenheim du côté nord étaient occupées par la 1ère Armée et le Corps d'armée du général de Montsabert, Goumiers et Spahis tunisiens et algériens. De ces positions dominantes et grâce aux services d'écoute alliés, les postes émetteurs allemands étaient repérés et faisaient l'objet de tirs d'artillerie, guidés depuis l'observatoire des Trois-Épis. Furent ainsi pris pour cibles les véhicules de transmissions camouflés à Wintzenheim dans les granges Hoffert rue du Maréchal Joffre, et Schwab, à l'angle de la rue de la Petite Porte et de la rue Serpentine, à l'arrière de la Wolfsgass. D'autres obus, tombés plus bas, dans le quartier de la gendarmerie, visaient les caves du Bierkeller qui abritaient depuis le 5 janvier 1945 le quartier général allemand du secteur.

Logelbach fut durement éprouvé en décembre 1944. Pour ce qui concerne Wintzenheim, le 10 janvier 1945, on comptait déjà trois morts : Henri Sutter, Joseph Hoffert et Albert Haebig, sans compter le petit Modeste Keisser, tué chez lui alors qu'il manipulait un explosif trouvé derrière l'église. Quelques jours après l'incendie tragique de la rue de la Victoire, Auguste Jamm fut tué par un éclat d'obus dans son lit. Alice Schwartz, atteinte par un éclat sur le pas de sa porte, halte de Wettolsheim, fut la dernière victime avant la Libération, qui coûta la vie à deux enfants, Angela et Robert Anthony, touchés par des tirs de mortiers allemands le 2 février 1945.

Source : Témoignages sur la Libération, Bulletin Municipal de Wintzenheim, mars 1985



Carte allemande de la région de Colmar - Munster - Kaysersberg en 1941

Extrait de la Jro Straßenkarte Nr.33 - Elsaß-Lothringen - 1941

(collection Paul Hirlemann)


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