Marie Marthe RICHERT : déportée et internée de la résistanceDans les archives municipales de la commune de Wintzenheim figure, en complément d’une liste des habitants de la commune expulsés en 1940 ou déportés au cours de la Seconde Guerre mondiale, une attestation établie le 4 avril 1960 pour Marthe RICHERT née le 20 octobre 1912 à Wintzenheim. L’attestation certifie que Marthe Richert, domiciliée dans cette commune, au numéro 35 de la rue Clemenceau, a été arrêtée à son domicile de Clermont-Ferrand le 24 novembre 1943 par la SiPo-SD, la Police de Sûreté du Reich, à cause de son appartenance au réseau de Résistance Alliance.[1] Le 15 juin 1940 et avant l’arrivée des troupes allemandes,
Marthe Richert suit, bien qu’il ne la concerne pas, l’ordre du Préfet adressé le
14 au soir aux hommes mobilisables de quitter l’Alsace et de se mettre à la
disposition des autorités françaises. Marthe rejoint le directeur de la
Comptabilité au ministère des Finances qui, reconnaissant « ses exceptionnelles
qualités de zèle et de labeur » et sans doute aussi de patriotisme, la mute
auprès de son ancien chef de la Trésorerie générale de Colmar à
Clermont-Ferrand. Avec celui-ci, elle rejoint aussi la Résistance qui
s’organise, distribue des tracts et des journaux, notamment « Combat » et
« Franc-Tireur ». À Clermont, elle est domiciliée au n° 1 de la rue de la
Cartoucherie. La Gestapo, qui a intercepté deux lettres lors d’une fouille à son
domicile, l’arrête le 24 septembre 1943 dans le cabinet du Trésorier-Payeur
général du Puy-de-Dôme. Le même jour, elle opère l’arrestation d’Emile Pradelle,
chef d'un réseau de renseignement concernant le gouvernement de Vichy. Marthe
refuse de dénoncer ses collègues. (Source : Ordre de la Libération). On retrouve trace de cette hospitalisation dans les archives d’Arolsen, implantées à Bad Arolsen, qui conservent les archives du Service International de Recherches et centre de documentation des persécutions nazies (International Tracing Service - ITS) et des personnes persécutées par le régime national-socialiste. Ces archives disposent, sous la cote 2107000007, d’une liste de 300 femmes, dont des Françaises, internées à Ravensbrück. Le nom de Marthe Richert y apparaît à la position 255. Selon les mentions portées sur la liste conservée en quatre exemplaires établis entre avril 1945 et décembre 1967, celle-ci contient les noms et les dates de naissance de femmes du camp de Ravensbrück et soignées, après l’effondrement du Reich et la libération du camp le 30 avril 1945, dans les hôpitaux de Berne et de Münsterlingen (canton de Berne) avant leur rapatriement. Les archives départementales du Puy-de-Dôme ont conservé, dans le cadre des Dommages de guerre, un dossier relatif aux dommages matériels subis par Marthe Richert et des biens mis sous séquestre et pris au moment de l’arrestation (cote 66 W 1637 – Fonds du service de règlement des dommages de guerre). Il s’agit surtout de biens personnels et domestiques : couverture, vêtements, chaussures, bijoux, mais aussi d’une radio Sonora qui n’avait rien à voir avec un émetteur clandestin. Cette déclaration et trois attestations, celle de M. Collet, inspecteur principal du Trésor et chef de service de la Trésorerie générale du Puy-de-Dôme, celle de Marguerite Weiss, institutrice détachée au Rectorat de Strasbourg replié à Clermont-Ferrand avec toute l’université de Strasbourg et celle enfin du Trésorier-Payeur général de la Trésorerie générale du Bas-Rhin à Strasbourg à la date de la déclaration, certifient aussi la déportation de la plaignante entre le 23 novembre 1943 et mai 1945 et son internement au camp de Ravensbrück. Le site Mémoire des Hommes, portail culturel des armées, a mis en ligne la Base des médaillés de la Résistance. Marthe Richert y figure en tant que résistante déportée dont le dossier au Service historique de la Défense est conservé dans ses sites de Caen (cote SHD/AC21P 652276) et de Vincennes (cote GR 16P510233). Marthe Richert a été décorée de la Médaille de la Résistance française par décret du 31.03.1947. Elle a été nommée dans l’ordre national de la Légion d’Honneur au grade de chevalier par décret du 10 mars 1948 (J0 du 14/03/1948), insignes remises le 24 avril 1958, puis promue au grade d’officier de la Légion d’honneur par décret du 1er décembre 1976, sur le rapport du ministre de la défense au titre des déportés résistants, en qualité de sous-lieutenant de la Résistance [3]. Les insignes d'Officier lui ont été remises le 20 avril 1977. Elle est décédée à Colmar le 26 mars 1984 à l'âge de 71 ans et est inhumée dans la tombe familiale, allée centrale du cimetière de Wintzenheim. [1]
La Geheime Staatspolizei (Gestapo, Police secrète d‘État) et le
Sicherheitsdienst de la Sicherheitspolizei (SD-SIPO, Service de sécurité
de la Police de sûreté) fonctionnent de fait tous deux dans les
territoires occupés et en Alsace annexée pour des missions spécifiques
mais contigües, dans le cadre général du
Reichssicherheitshauptamt
RSHA, Office central de la sûreté du Reich). La différenciation entre
les deux organisations n’est pas toujours claire, d’autant plus que le
SD se partage lui-même en deux branches, le renseignement – intérieur
d’une part ; le renseignement extérieur et contre-espionnage, d’autre
part. Société d’Histoire de Wintzenheim, Daniel MorgenSources : |
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A gauche, Marthe RICHERT à la fenêtre au-dessus de l'épicerie Richert située à Wintzenheim 30 rue Clemenceau, en face de l'église (coll. Jean Richert) * A droite, Marthe RICHERT, décorée le 24 avril 1948 de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur pour ses actes de bravoure dans la Résistance. |
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(Archives Municipales de Wintzenheim)
Archives départementales du Puy-de-Dôme - Dommages de guerre (Cote 66 W 1637)
![]() Marthe Richert en 1984, année de son décès (coll. Marie-Claude et Jean Richert) |
Nommée au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur sur le quota du Ministère des Finances par décret du 10 mars 1948 (J.0. du 14.03.1948), Marthe RICHERT fut promue au grade d’officier de la Légion d’honneur par décret du 1er décembre 1976 (J.O. du 12.12.1976), sur le rapport du ministre de la défense au titre des déportés résistants, en qualité de sous-lieutenant de la Résistance. Elle était à cette époque contrôleur divisionnaire du Trésor, secrétaire du Trésorier-payeur général de la Région Alsace, également trésorière du Souvenir Napoléonien. (source : La Revue du Trésor n°3 de mars 1977) Marie, Marthe RICHERT, née le 20 octobre 1912 à Wintzenheim (Haut-Rhin), a été nommée chevalier de la Légion d’honneur par décret du 10 mars 1948, publié au Journal Officiel du 14 mars 1948, pris sur le rapport du ministre des finances et des affaires économiques, en qualité de commis du Trésor à la trésorerie générale du Bas-Rhin ; 17 ans 2 mois de services civils. Titres exceptionnels, pour prendre rang du 24 avril 1958 (date de remise des insignes). Marie, Marthe RICHERT s'est vue remettre les insignes de chevalier de la Légion d'honneur le 24 avril 1958 par Monsieur Maurice Marcel BELET, officier de la Légion d'honneur, trésorier-payeur général du Bas-Rhin à Strasbourg. Elle a été promue au grade d’officier de la Légion d’honneur par décret du 1er décembre 1976, publié au Journal Officiel du 12 décembre 1976, pris sur le rapport du ministre de la défense Yvon Bourges au titre des déportés résistants, en qualité de sous-lieutenant de la Résistance, pour prendre rang du 20 avril 1977 (date de remise des insignes). Les insignes d'officier de la Légion d'honneur lui ont été remises le 20 avril 1977 par Monsieur Adrien MAZEROLLES, commandeur de la Légion d'honneur, trésorier-payeur général de la Région Alsace. Source : Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur Les insignes
d'Officier lui ont donc été remises le 20 avril 1977.
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Installé dans l'ancien bâtiment du "Cheval Blanc", restaurant de René Maurer,
le pôle médical, dont le projet avait été lancé il y a près de trois ans par la municipalité de
Wintzenheim, a été inauguré le jeudi 7 mars 2019 sous le nom de Simone Veil.
Quant au choix du nom de Simone Veil pour le pôle médical,
le maire a indiqué que « c'est avant tout une grande dame qu'il admire et une
femme de courage ». « Le pharmacien Schwab, propriétaire d'une partie du bâtiment, était
tout de suite d'accord avec cette proposition » , a-t-il ajouté avant de révéler
une anecdote étonnante : « Simone Veil aurait mangé au restaurant Maurer,
donc dans le bâtiment du pôle médical, il y a près de cinquante ans,
après une visite à une amie habitant à Wintzenheim ! »
Source : Le pôle médical Simone-Veil inauguré, Jean-Louis Meyer, L'ALSACE du samedi 9 mars 2019
Madame Simone Veil n'etait pas venu déjeuner dans notre
restaurant "Le Cheval Blanc". Par contre Madame Richert était venue voir
notre père en cuisine pour lui demander de bien vouloir livrer des repas à domicile,
et à cette occasion elle avait informé notre père de la visite privée de Madame
Simone Veil. Ma sœur Marie-Antoinette Maurer s’en souvenait très bien, car elle
avait aidé à livrer les quatre déjeuners au domicile des soeurs Cécile et Marthe Richert, 35 rue
Clemenceau.
Source : témoignage d'Isabelle, fille du restaurateur René Maurer, recueilli
en mars 2019 par Guy
Frank.
« Je connaissais bien la sœur de Marthe, Cécile Richert qui tenait une épicerie au 35
rue Clemenceau et je bavardais souvent avec elle dans son magasin. Un jour, dans
les années 1970, Cécile m’a dit que Simone Veil était venue à Wintzenheim pour
REVOIR Marthe, car les deux s’étaient connues EN DEPORTATION. »
Source : témoignage recueilli le 5 mars 2025 par Guy Frank
Marthe RICHERT est décédée à Colmar le 26.03.1984, et inhumée à Wintzenheim.
La tombe de la famille Richert est située dans l'allée centrale du cimetière de Wintzenheim
Médailles, de gauche à droite : Officier de la Légion d'Honneur, Médaille de la Résistance Française, Croix de Guerre avec palme
(photos Guy Frank, 2025)
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