Alphonse HURTH : mort en déportationLe 5 mai 1944, deux jeunes patriotes, Frédéric Hunsinger et Éric Edenwald, policiers à Colmar, durent payer de leur vie leur fidélité à la France. Un troisième policier, Alphonse Hurth devait subir le même sort atroce, puisqu'il fut décapité le 22 septembre 1944. Né à Ingersheim le 8 décembre 1908, il avait épousé Marguerite Schillinger de Wintzenheim, où sa famille a continué à habiter, rue de Turckheim, après la guerre. Avant 1940, il travailla un certain temps dans les bureaux des usines Herzog et Kiener, puis fut nommé au bureau de recensement de la police de Colmar. Cette place lui permit d'avoir accès à des cartes d'identité vierges. Comme ses collègues Hunsinger et Edenwald, il favorisa l'évasion de prisonniers de guerre et d'Alsaciens réfractaires, et munit de fausses cartes d'identité tous ceux qui voulaient fuir le régime. Il travailla en collaboration avec des résistants tels que Rinck, Rey, Metzger, Hussmann, Oberlin, Busser, etc. qui devaient tous être arrêtés pour atteinte à la sûreté du IIIe Reich. Alphonse Hurth, sur demande de Dietrich, secrétaire de mairie d'Ingersheim, rattachée alors au Groß-Kolmar, travailla à la mairie d'Ingersheim et c'est là que le 22 septembre 1943 il fut arrêté par les hommes de la Gestapo. Durant un an et demi, il fut transféré de prison en prison : Colmar, Schirmeck, Strasbourg, Fribourg, Stuttgart, Munich. Le 9 mai 1944, il fut traduit devant le tribunal de Fribourg-en-Brisgau pour haute trahison. Le président du tribunal était un certain Stier, les assesseurs étaient le chef de groupe Offermann et le chef SA Damian bien connu en Alsace. Tous haïssaient les Alsaciens. On reprocha aussi à Alphonse Hurth son attitude virulente envers le chef de district Weiss, qu'il apostropha lors d'une réunion au Central à Colmar, devant une salle comble, au cours de l’hiver 1942/43. Le Kreisamtsleiter lui ayant demandé des justifications pour son retard, il lui avait rétorqué : « Si vous aviez des enfants à élever, vous ne seriez certainement pas ici car vous auriez d’autres tâches à remplir. Et de plus, je n’ai pas de temps à perdre ». Hurth prit son chapeau et quitta la réunion. À la question du président du tribunal sur ses convictions, il répondit calmement : « Je suis Français ». Sur ce, le président devint furieux et hurla « L’Alsace est et restera allemande ! ». Le verdict prononcé contre Alphonse Hurth fut la condamnation à mort. Celui-ci fut conduit à la prison de Stuttgart. Sa femme put lui rendre une dernière visite en août 1944. Le 16 août, il fut conduit à la prison de Bruchsal près de Karlsruhe, où il partagea sa cellule avec le Colmarien M. Haag. La dernière lettre À la date du 20 août, il écrivit à sa famille : « Je suis prêt à tout.
J'ai l'espoir de vous écrire encore une fois, sinon nous nous reverrons tous au
ciel ». Ses croyances et sa foi étaient profondes. Le 22 septembre, à 1h30 du matin,
la porte de sa cellule s'ouvrit et il entendit : « Prisonnier Hurth, préparez-vous ».
Sans doute pensa-t-il à ses quatre enfants, Christine, Bernadette, Claude et
Joseph, à sa femme, à tous ceux qui lui étaient chers et il marcha
courageusement vers son destin. Sa dernière lettre à sa femme n'est jamais
arrivée à destination. Sur une plaque, dans la cour du Commissariat central de la police nationale de Colmar, le nom d'Alphonse Hurth fut gravé parmi toutes les victimes de la barbarie nazie... Société d’Histoire de Wintzenheim, Marie-Claude IsnerSources : |
Alphonse HURTH (collection Pascal Herold)
Le 5 mai 1944, deux jeunes patriotes, Frédéric Hunzinger et Éric Edenwald, policiers à Colmar, durent payer de leur vie leur fidélité à la France. Un troisième policier, Alphonse Hurth devait subir le même sort atroce, puisqu'il fut décapité à la hache le 22 septembre 1944. Né à Ingersheim le 8 décembre 1908, il avait épousé Marguerite Schillinger de Wintzenheim, et après la guerre, sa famille a habité dans cette commune, rue de Turckheim. Il travailla un certain temps dans les bureaux des usines Herzog et Kiener, puis fut nommé au bureau de recensement de la police de Colmar. Cette place lui permit d'avoir accès à des cartes d'identité vierges.
Comme ses collègues Hunzinger et Edenwald, il favorisa l'évasion de prisonniers de guerre et d'Alsaciens réfractaires, et munit de fausses cartes d'identité tous ceux qui voulaient fuir le régime. Il travailla en collaboration avec des résistants tels que MM. Rinck, Rey, Metzger, Hussmann, Oberlin, Busser, etc. qui devaient tous être arrêtés pour atteinte à la sûreté du IIIe Reich.
Alphonse Hurth, sur demande de M. Dietrich, secrétaire de mairie d'Ingersheim, rattachée alors au Gross-Kolmar, travailla à la mairie d'Ingersheim et c'est là que le 22 septembre 1943 il fut arrêté par les hommes de la Gestapo. Durant un an et demi, il fut transféré de prison en prison : Colmar, Schirmeck, Strasbourg, Fribourg, Stuttgart, Munich.
Le 9 mai 1944, il fut traduit devant le tribunal de Fribourg pour être jugé pour haute trahison. Le président du tribunal était un certain Stier, les assesseurs étaient le chef de groupe Offermann et le chef SA bien connu en Alsace, Damian. Tous haïssaient les Alsaciens. On reprocha aussi à Alphonse Hurth son attitude virulente envers le chef de district, Daf Weiss, qu'il apostropha lors d'une réunion au Central à Colmar (devant une salle comble, au cours de l’hiver 1942/43, le Kreisamtsleiter lui avait demandé des justifications pour son retard ; il lui avait rétorqué : "Si vous aviez des enfants à élever vous ne seriez certainement pas ici car vous auriez d’autres tâches à remplir. Et de plus, je n’ai pas de temps à perdre". Hurth prit son chapeau et quitta la réunion).
A la question du président du tribunal sur ses convictions, il répondit calmement : "Je suis Français". Sur ce, le président devint furieux et hurla "L’Alsace est et restera allemande !". Le verdict prononcé contre Alphonse Hurth fut la condamnation à mort. Celui-ci fut conduit à la prison de Stuttgart. Sa femme put lui rendre une dernière visite en août 1944. Le 16 août, il fut conduit à la prison de Bruchsal près de Karlsruhe, où il partagea sa cellule avec le Colmarien M. Haag.
A la date du 20 août, il écrivit à sa famille : "Je suis prêt à tout. J'ai l'espoir de vous écrire encore une fois, sinon nous nous reverrons tous au ciel". Ses croyances et sa foi étaient profondes. Le 22 septembre, à 1h30 du matin, sa cellule s'ouvrit et il entendit : "Prisonnier Hurth, préparez-vous". Il pensa à ses quatre enfants, Christine, Bernadette, Claude et Joseph, à sa femme, à tous ceux qui lui étaient chers et il marcha courageusement vers son destin. Sa dernière lettre envoyée à sa femme n'est jamais arrivée.
Son corps fut transporté à l'université de Heidelberg. C'est là que les Américains le trouvèrent parmi d'autres corps. Ils le firent incinérer et ses cendres furent mises dans une caissette portant son nom. La Croix-Rouge française fit le nécessaire pour ramener ses cendres à Ingersheim. Le 1er novembre 1948, avec la participation de toute la population d'Ingersheim et de nombreux proches de Wintzenheim, eut lieu l'inhumation. Une manifestation éclatante pour ce résistant que fut Alphonse Hurth.
Aujourd'hui sur une plaque, dans la cour d'honneur de la police de Colmar, le nom d'Alphonse Hurth est gravé parmi toutes les victimes de la barbarie nazie...
Sources :
- Le Nouveau Rhin Français du samedi 22 septembre 1945 (article traduit par Jacqueline Strub)
- Ingersheim : Il y a 35 ans, M. Alphonse Hurth était décapité à la hache, DNA du 20 septembre 1979
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